Camino Francès - Saint Jacques de Compostelle travel blog

Statue des pelerins à Logrono à 5h30 du mat - Pilgrims statue...

sortie de Logrono. Au fond la petite montagne à gravir - Logrono...

lac à Logrono - Lake in Logrono

les ruines d'un hôpital pour les pelerins à Navarrete - Ruins of...

Encore les vignobles - still the vines

Le village de ventosa à l approche - approaching Ventosa village

Encore 593km pour St Jacques - Still 593km to go for Santiago


30km - 7h

tac, tac, tac, tac...5h30 du mat...tac, tac, tac, tac. Non, ce n'est pas le tic tac d'un réveil mais déjà le bruit métronomique de mes bâtons qui rythment comme tous les jours la marche entraînant dans une symbiose totale mes jambes. Je deviens la mécanique d'une orgue de barbarie dont le chemin tel le rouleau de musique défile sur un tempo constant. tac, tac, tac, tac. .. fini les marches des premiers jours où il fallait réfléchir à la cadence, à la façon de poser les bâtons,  à la longueur de la foulée.  Non, mon corps s'est maintenant habitué, tel un automate bien réglé à bien utiliser sans y penser tous les muscles me permettant de libérer mon esprit pour lui laisser libre cours à de multiples pensées. tac, tac, tac, tac...il fait encore nuit dans les rues de Logrono.  Mais les rues ne sont pas désertes.  Des hordes de jeunes étudiants qui viennent de sortir de boîte de nuit déambulent, crient fort des mots d'un espagnol incompréhensible destructuré par l'effet de l'alcool. Finalement les sous ont tous le même langage...

Je laisse bientôt dernière moi la ville et ses jeunes bruyants pour traverser un long parc qui ceinture Logrono. Le calme est revenu à l'exception du tac, tac,  tac,  tac de mes bâtons qui raisonnent dans la nuit. J'essaie de penser au futur à mon retour de ce pélerinage,  au travail qui va m'attendre mais non, blocage cérébral.  L'effet du burnout est toujours là.  Je ne suis pas encore prêt à faire des projections sur mon futur. Comme un ami cher qui vous aurait trahi et à qui on ne peut plus penser sans avoir le coeur qui se resserre,  je ne peux pas penser à mon travail qui a été ma passion  de toute ma vie et qui m'a détruit en moins d'un an pour me transformer en un être incapable de pouvoir aligner quelques heures de travail sans avoir des migraines ou incapacité de concentration.  Le burnout disent ils dans le milieu médical.  Boulot tu m'as trahi.  Alors pour l'instant je me contente d'apprécier l'instant présent.  Mais j'ai encore pleins de jours devant moi pour penser à un futur où le travail reprendrait sa place mais controlée! en laissant une bonne place à ma vie de famille qui en a tellement souffert durant ces 30 ans de Stakhanovisme.

Le chemin vers Najera est long, plat  et ennuyeux. 30km. Après une interminable approche de Nàjera que l'on voyait au loin mais qui semblait ne jamais se rapprocher, je rentre dans la première Albergue du centre ville.  C'est une albergue touristico,  c'est à dire un peu plus classe que l'albergue municipale. Après 1h de queue l'hôtesse m'annonce qu'il n'y a pas de place. Ou plutôt juste une chambre à 2 lits . 20€ par lit. Je vois  si quelqu'un peut partager cette chambre? ils ont tous déjà leur réservation. Tant pis, trop fatigué pour partir et refaire la queue dans une autre albergue.  Je pais 40€ et j'ai la chambre à 2 lits pour moi tout seul.

Peu après,  alors que je prenais un café dans la salle de détente, l'hôtesse arrive vers moi, fière , me tendant un billet de 20€ et me parlant dans un espagnol que j'avais du mal à comprendre. En fait une pélerin  (on ne dit pas pelerine? ) venait d'arriver et avait accepté de partager ma chambre.  Dormir dans la même chambre d'hôtel qu'une inconnue l'instant d'une nuit. C'est ça aussi l'esprit pelerin.

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30km - 7h

tac, tac, tac, tac ... 5:30 am... tac, tac, tac, tac. No, it's not the ticking of a clock but  the metronomic sound of my sticks  walking  in a total symbiosis with  my legs. I get the mechanics of a barrel organ whose path as the music roll scrolls on a constant tempo under my feet... tac, tac, tac, tac. .. Finished the chaotic steps of the first days when you had to think about the pace, how to lay the sticks, to the length of the stride. No, my body is now used and enough tuned to properly use without thinking about all the muscles for freeing my mind and unleash   many thoughts. tac, tac, tac;  tac ... it is still dark in the streets of Logrono. But the streets are not deserted. Hordes of young students who have just finished nightclub are wandering, shouting words of incomprehensible Spanish  by the effect of alcohol. Well, finally drunk people have all the same language ...

I soon left the city behind me and the noisy youth to cross a long park that surrounds Logrono. Calm returned except the tac, tac of my sticks which make an echo in the night. I try to think about the future when I return from this pilgrimage, how I will manage better my work life balance but my thoughts don't go any further. Cerebral freeze and blockage. The effect of burnout is always here. I'm not yet ready to make projections about my future. As a good friend who had betrayed you and that we can no longer think about without tightenning the heart, I can not think of my work. It has been my passion all my life and destroyed me in less than a year to turn me into a person unable to align a few work hours without having migraines or concentration impairment. Burnout they say in the medical community. Work you betrayed me. So for now I am pleased to enjoy the current  moment. But there is still plenty of days to think about a better future where the work would take place in a controlled manner. leaving a good place to my family life that has suffered so much during these 30 years of Stakhanovism.

The path to Najera is long, flat and boring. 30km. After a long approach to Nàjera that I saw in the distance but never seemed to get closer, I enter the first Albergue downtown. It is a touristic albergue, ie a little more class than municipal albergue. After 1h waiting in the queue, the hostess tells me that there is no room. Or rather just a room with 2 beds. 20 € per bed. And I cannot  see  anyone who can share this room with me? they all have their reservation. Too bad, too tired to go and queue again in another albergue. I pay € 40 and I have the room with 2 beds for myself.

Soon after, while I was having coffee in the lobby, the hostess came to me, proudly, handing me a 20 € bill and speaking to me in Spanish that I had trouble understanding. In fact a woman  pilgrim had just arrived and had agreed to share my room. Sleeping in the same hotel room that an unknown person that's also the pilgrim spirit.



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