Maroc, la mer, le sable et le roc!!! travel blog

Bonne Fête des pères, papas!!!


Les surnoms berbère de Mélanie et Caroline:

Mélanie semble difficile à pronomcer pour les marocains (arabes ou berbères). Lorsque j'appelle Mélanie par son diminutif affectueux, Mel, Hassan notre chauffeur entend "Miel" alors, il la surnomme "Tamim'te", miel en berbère de sa région.

Pour Caroline, on l'a surnommée Fatima, un nom populaire chez les berbères et utilisé comme nom honorifique pour les dames dont on ne connaît pas le nom. Un ami d'Hassan avec qui Karo marchandait un tapis s'est exclamé: "Tu es une vraie berbère, Fatima!" Le surnom est resté par la suite. Fatima est aussi le nom de la fille aînée du prophète Mahomet.

Notre journée du dimanche:

Méharée dans le désert

Sur le chemin de l’auberge où nous prendrons le départ pour notre rando (méharée) à dos de dromadaire dans le désert d’Erg Chebbi, nous faisons un détour pour jeter un coup d’œil au lac de Mergouza avec sa colonie de flamants roses… et non, ce n’est pas un mirage ! Le lac, à demi séché à ce temps de l’année, surgit au milieu de nulle part sous nos yeux. On s’en approche en 4x4 mais Hassan fait bien attention de ne pas s’approcher trop de la berge car il y a de l’eau cachée sous le sable qui forme un sol de type sable mouvant (on enfonce seulement de presqu’un pied en 4x4 et de quelques centimètres à pied).

C’est à l’auberge d’Ama (diminutif d’Omar), un bon ami d’Hassan, que nous rencontrons Ali, notre guide chamelier et cuisinier. Nous discutons de la meilleure option étant donné la chaleur : départ immédiat pour une demi journée de méharée avec arrêt à l’oasis pour le lunch puis le bivouac en soirée ou départ vers 18h pour aller directement au bivouac ?

Finalement, on part avant midi pour aller luncher à l’oasis. Contrairement à la veille, le désert est calme et il n’y a pas de vent. Nous avons de la chance (baraka). Avant de monter sur les dromadaires, Hassan nous aide à nouer nos sheishs comme il faut sur nos têtes pour nous protéger du soleil, du sable et du vent. Tamim’te enfile aussi sa gandoura et se transforme en gazelle du désert.

Se mettre en selle sur un dromadaire n’est pas très difficile. Ce sont des bêtes très dociles. Le dromadaire est couché, on enfourche, on se tient bien au « guidon » et hop, sur un signe d’Ali, le dromadaire se lève. Il faut dire que c’est haut une fois debout et que ça donne un grand coup lors de la levée mais si on se tient bien, pas de problème. Tamim’te et moi sommes tout sourire et impatientes de partir.

Les animaux n’ont pas de noms chez les arabes ou les berbères mais chaque touriste peut baptiser son dromadaire comme il veut. Cependant, Ama nous présente ses dromadaires comme « Bob Marley » pour Fatima et « Jimmy Handrix » pour Tamim’te. Ali nous apprendra que Bob est un vieux chameau de 15 ans (sur 30 ans maximum) alors il devient le Vieux Bob pour Fatima. Il est attaché au dos de Jimmy et le suit tranquillement de son pas nonchalant.

Jimmy rouspète un peu lorsqu’Ali le mène en haut d’une dune escarpée. Ali l’encourage 3 secondes puis n’insiste pas et fait le tour du sommet de pour offrir une pente plus douce à nos montures. Un 4x4 à pattes, ça décide où ça passe.

L’ennemi dans le désert, ce n’est pas le sable, c’est le soleil.

Une fois la ville disparue derrière les dunes, il fait incroyablement chaud et nous sommes très contentes de porter nos sheishs.

Se tenir à dos de dromadaire est-il difficile ? Pas vraiment si le dromadaire marche sur du plat ou monte une dune… Tamim’te et Fatima se sont toutes les deux endormies à dos de dromadaire durant la marche vers l’oasis ! La chaleur écrasante du soleil et le mouvement de balançoire de la marche les ont peu à peu assoupies, malgré le danger de tomber. Mais attention quand le dromadaire descend une dune, ça donne un grand coup et ça réveille tout raide car on ne veut pas piquer du nez. Les yeux s’ouvrent brusquement et les muscles retrouvent leur tonus pour se tenir en selle. Puis, l’alerte passée, les dunes, hypnotisantes comme une mer immobile, alourdie les paupières, la chaleur étouffante engourdi les sens peu à peu et la sensation d’être bercé reprend le dessus… les gazelles se rendorment… jusqu’à la prochaine descente de dune.

Oasis :

Une très haute dune blonde (plus de 200m) abrite à sa base une oasis partagée en plusieurs camps que les auberges et les agences organisatrices de méharée ont délimité. La dune est si haute qu’on peut y faire du ski ou de la planche à sable.

Notre enclos d’oasis est pratiquement la dernière, évidemment mais nous finissons par y arriver à la grande joie du Vieux Bob qui se garoche à plat ventre pour que je descende de son dos au plus vite. Je ne l’ai jamais vu bouger aussi rapidement.

Il était temps d’arriver, nous commencions à avoir des fourmis dans les orteils. Le soleil ne nous lâche pas même si nous nous réfugions à l’ombre des quelques arbres de l’oasis. Ali et Moha (un berbère qui travaille sur place) nous prépare le lunch pendant que nous tentons de demeurer conscientes, affalées sur nos petits tabouret à l’ombre de notre petit arbre. Tamim’te s’endort assez profondément pour rêver de crème glacée.

Après la bouffe (salade marocaine et riz) Ali nous propose une sieste jusqu’à 17h car, sous le soleil, le sable est chauffé à blanc et devient brûlant. Ça donne mal aux pieds aux chameliers et parfois même aux dromadaires qui, malgré les coussinets de cuir de leurs plantes de pieds, ont la peau tendre entre les orteils. Gros dilemme : si nous enlevons nos sheishs, serons-nous capables de les remettre en place ? Ali pourra nous aider.

Nous dormons donc comme des bûches jusqu’au soir puis, suivant le conseil d’Hassan, nous mouillons nos sheishs au puit pour nous rafraîchir. Ali aide Tamim’te à rincer son sheish qui coule encore indigo malgré le rinçage d’hier. Fatima a un sheish de couleur plus claire et la teinture ne coule plus. (Et évidemment, il nous aide à tout nouer comme il faut.) Sheish climatisé instantané, yé !

Vers le bivouac

Nous attendons encore jusqu’à 18h car il fait encore trop chaud et le sable n’a pas encore perdu de chaleur. Remonter à dos de dromadaire est plus difficile que d’y monter la première fois. On se découvre des muscles fessiers endoloris dont on ne soupçonnait même pas l’existence… Aïe !

Il fait moins chaud, les ombres s’allongent sur les dunes qui changent de couleur. Le bivouac est quand même assez loin. Graduellement, les dunes de sable blond sont remplacées par le paysage lunaire et pierreux du désert noir.

Au bivouac

Pour la dernière fois de la journée, nous descendons des dromadaires. Opération plus douloureuse qu’à l’oasis… je ne sais pas qui est le plus soulagé : les dromadaires ou nous ?

Après un petit thé berbère amer « coupe soif » et pendant qu’Ali fait la cuisine, nous faisons une promenade dans les dunes des environs pour y admirer le coucher du soleil. Nous avons une pensée spéciales pour nos papa car aujourd’hui est la Fête des pères au Canada. Les marocains célèbre la fête des Mères mais pas la fête des Pères. Bonne Fête des Pères, Papas !

Sur notre dune choisie, n observons des traces de lézard, d’oiseau du désert et de scarabée. D’ailleurs un scarabée s’amène et veut suivre me suivre partout. Je dois le semer en l’attirant vers le bas de la pente. Ses traces toutes en dentelles sont mignonne mais je ne tiens pas à avoir une bestiole qui me grimpe dessus pendant que j’admire le coucher du soleil.

De retour vers le bivouac, nous croisons nos dromadaires qui broutent les touffes d’herbes des sables près du bivouac. Ali leur a entraver une patte à chacun pour les empêcher de trop s’éloigner du campement mais ils peuvent se déplacer, se coucher et se relever sans trop de peine. Jimmy nous fait même un petit spectacle de roulade sur le dos !

Depuis que le soleil est disparu derrière les dunes, la lumière du jour décline rapidement et Ali apporte un chandelle pour éclairer notre souper. Une salade marocaine et une tajine de poulet. Miam ! Les poulets viennent tout juste d’être apportés en 4x4 à roues par des collègues d’Ali. Ils ne se sont pas promener avec nous dans la chaleur. Fiou. Une chance que Tamim’te a posé la question.

Une fois le souper terminé, la conversation se poursuit autour du fameux thé. Les gazelles demandent de l’eau, elles ont soif et le thé, ce n’est pas de l’eau. Ali est étonné que son thé ne leur coupe pas la soif mais Tamim’te qui a le ventre noué par l’amertume de la chose et Fatima a un peu mal au cœur lui expliquent les principes de l’hydratation. Plus besoin de chandelle maintenant que le repas est terminé. La lumière des étoiles et de la trois-quarts lune est suffisantes pour y voir.

Les gazelles causent avec Ali au sujet des dromadaires, de son métier et d’astronomie. On voit la Grande Ourse, l’étoile polaire et quelques autres constellations dans le ciel. La voie lactée sera visible un peu plus tard et les étoiles filantes se pointent le bout du nez. Tamim’te en voit au moins 6 !!!

Ali paraît plus vieux que son âge avec ses rides du désert et sa voix bourrue par la cigarette mais il a tout de même vu naître le tourisme dans la région. Il a été parmi les premiers guide chamelier à « ramener les clients » et « ramener les dromadaires » pour les propriétaires de dromadaires qui voulaient offrir des randonnées aux touristes.

Dormir à la belle étoile :

Pour la nuit, Ali installe nos matelas sur un tapis à même le sol, sous la voute étoilée, puisque l’air est doux et le vent, calme. Nous glissons nos corps endoloris sous le draps et les couvertures et nous laissons bercer par la brise du désert qui nous murmure à l’oreille : « Dunes Dunes Dunes, Lune Lune Lune… »

L’ennemi dans le désert, ce n’est pas le soleil, c’est le vent.

Peu après minuit, la lune n’est pas encore couchée, nous devons chercher refuge dans une tente car le vent s’est levé. Ali nous explique qu’une fois levé, il est là pour rester. Sous la tente, nous devons tout de même nous couvrir la tête avec le drap de nos lits pour éviter que le sable nous entre dans les yeux et les narines. Pas de réveil sous le ciel, finalement.

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