Excel.bf
C’est aujourd’hui que commencent les cours Excel officiels pour Tantie Fanta et Cécile. A l’aide d’exemples tirés des fichiers qu’elles utilisent pour leurs rapports et la gestion des stocks, nous révisons les fonctions de base déjà maîtrisées et je fais du « coaching » personnalisé sur les fonctions qu’elles ne connaissent pas ou sur lesquelles elles passent beaucoup de temps parce qu’elles en ignorent les raccourcis. Elles ont des objectifs précis pour les rapports trimestriels. Comment ajouter, supprimer, configurer, colorer des lignes, des colonnes, des cellules. Elles peuvent aussi s’apprendre entre elles car chacune connaît des choses ignorées par l’autre.
Nous avons fait beaucoup de progrès aujourd’hui malgré les multiples interruptions (il y a encore 2 groupes d’observance, comme hier, et une mission de dépistage du cancer du col de l’utérus à Houndé, un village, se prépare pour la fin de semaine. Quel rapport entre le cancer du col de l’utérus et le SIDA ? Aucun des deux n’est la cause de l’autre mais ils sont tous deux transmis par des virus qu’on peut contracter lors de relations sexuelles non protégées. Alors, REVS+ s’implique dans l’optique de la prise en charge médicale globale des patients et de l’amélioration de la santé publique par la prévention, l’éducation et le dépistage précoce.
Demain, nous attaquerons la création d’un chiffrier Excel à partir d’un fichier vierge avec formule de calculs et tout. Les longues heures passées à faire des « budget impacts » lors de mon passage en économie de la santé vont maintenant être utiles à deux burkinabés d’une association ONG (Organisation non gouvernementale) africaine qui lutte contre les requêtes de tests sanguins pour les patients fléau du VIH /SIDA.
D’ailleurs, comme je ne prenais pas de photo aujourd’hui, j’ai aidé les infirmières a préparer les requêtes de tests sanguins de suivi pour les patients d’observance. Les groupes d’observance sont les groupes où médicaments anti-rétroviraux et des conseils sont distribués. J’en ai parlé hier. Ils auront lieu pour les deux prochaines semaines. Bref, en inscrivant les noms et dates de naissance des patients sur les requêtes que ça m’a frappé : environ les 2/3 des groupes sont formés de femmes de mon groupe d’âge ! ça donne à réfléchir.
Parlons chiffons
J’ai profité de la pause du miliei de journée faire une razia au marché de tissus. Madama Sandrine, une amie de Pascal mon taximan, s’était proposée pour m’accompagner. Pascal et moi arrivons alors que le repas n’est pas fini pour les femmes et les enfants. Les hommes ayant mangé d’abord. Contrairement à REVS+ où il n’y a qu’un plat (riz, mil ou nouilles en sauce) les plats consommés ce midi chez Sandrine et Jean-Marie contiennent une préparation à base de pois chiches et des boulettes de céréales et de feuille de haricots. Je goûte un peu par gourmandise même si je me suis goinfré dans la sauce au mouton fumé de ce midi, servi sur nouilles. Les petites filles servent les plats aux invités et font mangé les plus jeunes. Elles sont très à l’aise. Par contre, les bébés ouvrent de grands yeux en me voyant et certains pleurent de peur ! Il faut que je bronze un peu d’ici mon départ.
Madame Zenabou nous accompagne au marché puisque c’est elle qui connaît le mieux les marchants. Elle pourra négocier de bons prix pour moi malgré la couleur de ma peau. Madame Sandrine me la présente comme sa « co-épouse ». Je comprends enfin pourquoi il y avait tant d’enfant dans la famille. C’est un mariage polygame. Choc des cultures.
Je passe un agréable moment en leur compagnie et je possède maintenant 3 m de tissus pagne (fait de coton tissé à motifs traditionnel, très bigarrés) et 3 m de tissus basin (très léger à l’aspect ciré importé d’un pays voisin).
De retour à la pharmacie je constate que c’est le jour du passage du tailleur, quelle coïncidence ! Il est malheureusement passé pendant que je n’étais pas là et je n’ai pas pu voir s’il pouvait prendre ma commande pour me confectionner quelque chose avant que je ne reparte. Par contre, comme il était venu livrer des pagnes (les habits traditionnels deux-pièces des femmes, c’est le même nom que le tissus dont il est fait la majeure partie du temps). Elles sortent tous leurs atours pour me les montrer. Chaque tenue est unique et richement brodée pour rehausser les motifs du tissus et la coupe choisie. En cousant chiffons, j’apprend qu’il y a du faux basin (le mien est bien du vrai) qui est moins cher mais évidemment de moindre qualité.
J’ai fait de bonnes affaires aujourd’hui.