Voyage de Thierry en Inde du Sud 2007 travel blog


Lorsque je vais dans la salle de bain pour prendre ma douche matinale, je constate que des centaines de moustiques morts jonchent le sol. C'est carrement noir de moustiques...Heureusement que je dormais sous une moustiquaire en plus de mes protections anti-moustiques (creme + bracelets repulsifs). Je demande a la femme d'ouvrage de nettoyer le carrelage. J'ai laisse la lampe de la salle de bains allumee pendant toute la nuit et les moustiques, attires par la lumiere, se sont infiltres par la bouche d'aeration.

Je retourne au cafe Bob Marley pour dire au revoir aux proprietaires. Lorsque je termine mon petit dejeuner, Swamy m'adresse la parole en francais. Il m'avait cache qu'il connaissait la langue de Moliere. Il me souhaite un bon voyage a Pondichery et me demande de remettre son bonjour a Toumai et Geraldine.

Decidement, il fait trop chaud dans cet endroit... Je supporte moins bien les climats humides que les deserts. Je sue deja a grosses gouttes et si je ne veux pas transpirer, je dois rester immobile. Je dois cependant me taper 1km a pied pour rejoindre la minuscule gare routiere de Mahaballipuram, situee au coeur du village, juste en face des temples.

Tous les bus portent des inscriptions en tamoul, sans aucune retranscription en alphabet latin, et je dois demander a quelqu'un de me lire les inscriptions. Par chance, deux touristes anglais, suivis de deux autres me rejoignent. Ils m'expliquent que nous devons prendre le bus 188. Verification faite aupres de mon Lonely Planet, cette information se revele exacte. Il y a 9 bus par jour, donc un toutes les 100-120 minutes si les bus partent a intervalles reguliers de 6h du matin a 23h.

Nous attendons sous un abri. Le soleil tape tres fort et se trouver a l'ombre ne nous rafraichit pas outre mesure. Je suis trempe de sueur... Le medicament contre les allergies solaires a fait de l'effet: pour la premiere fois, je n'ai presque pas d'eruptions cutanees dues a la chaleur et au soleil, alors qu'en temps normal, j'aurais deja eu plus de 50 boutons sur les bras. Les rares boutons que j'ai sont principalement des piqures de moustique et de punaises (du moins, je le pense).

Un homme vient nous trouver pour nous expliquer qu'il vaut mieux que nous allions sur la route principale entre Madras et Pondichery, l'ECR (East Coast Road), pour avoir un bus rapidement, Mahaballipuram se trouvant en dehors de cette route.

Nous prenons tous les cinq un taxi, une vieille Bentley blanche. Sur le chemin, nous tombons face au bus de Pondichery que nous nous mettons a suivre a toute vitesse. Le chauffeur fait des appels de phare et klaxonne pour demander au bus de s'arreter. A un moment donne, nous depassons le bus et je gesticule pour faire comprendre au chauffeur que nous voulons prendre son bus. Le taxi s'arrete, le bus ralentit, nous depasse et puis repart de plus belle, sans nous embarquer.

Meme pas 30 secondes plus tard, un autre bus, bien plus confortable celui-la, s'arrete et accepte de nous prendre. Pendant que nous placons nos bagages au fond du couloir, un des Anglais paie le taxi et le bus pour nous cinq. Il n'y a plus de places assises. Nous devons donc voyager deux heures debout, mais la route est en excellent etat. Les fenetres sont grand ouvertes et le vent s'engouffre dans le bus, apportant un peu de fraicheur bienvenue par ces grandes chaleurs. Je cesse de transpirer mais j'ai un fameux coup de pompe pendant le trajet. Je dois me retenir pour ne pas dormir...

Deux heures plus tard, nous arrivons en banlieue de Pondichery. Les inscriptions en anglais et en francais se font plus frequentes. C'est encore une ville indienne, rien n'indique pour l'instant que je me trouve dans un ancien comptoir francais. Le bus nous depose a la gare routiere, situee a 1km du centre ville. Je demande a l'Anglais combien je lui dois pour le taxi et le bus; il me repond que la somme etait tellement ridicule qu'il m'offre le trajet et me souhaite bonne continuation. Je le remercie et je prends un auto-rickshaw. Je me risque a parler francais. Le chauffeur me repond dans un francais quasi parfait car je lis sur ses levres sans aucun probleme. Je lui demande de me deposer Rue Romain-Rolland, dans la ville blanche.

Le centre de Pondichery est divise en deux parties separees par un canal : la ville blanche ou beaucoup d'expatries vivent, avec des maisons coloniales restaurees et des rues aussi calmes qu'en France, et la ville noire, beaucoup plus animee, ou les Indiens vivent et qui, malgre ses maisons coloniales, ressemble plus a n'importe quelle autre ville indienne. Je souhaite loger dans une guesthouse francophone dans la ville blanche.

Le chauffeur a bien compris l'adresse vu qu'il me repete le nom de la rue. Mais en cours de chemin, il s'arrete devant une guesthouse en me disant "hotel francophone, francais." Je ne suis pas dupe... Je sais que si j'accepte d'y jeter un coup d'oeil et d'y loger, il touchera une commission, meme si le nom de l'hotel "Labourdonnais" est bel est bien francais. Je demande a ce qu'on me conduise Rue Romain Rolland, la rue parallele. On me depose devant l'Hotel de l'Orient, un hotel de luxe ou deux Indiens s'empressent de me parler en francais et de me proposer d'y loger. Je les ignore... Je suis dans la bonne rue; je paie mon chauffeur, recupere mes bagages et redescends vers le sud ou se trouve la Guesthouse "Lumiere". Je sonne a la porte, pas de reponse... Je recommence. Pas de reponse... Ca doit etre l'heure de la sieste.

Par chance, deux francaises arrivent avec leur cle. Je leur demande si l'hotel est ouvert, elles me repondent par l'affirmative. La proprietaire doit etre quelque part, elles me proposent d'attendre a la reception. Arrive alors une femme indienne qui parle un assez bon francais. L'accueil est assez sec mais la guesthouse est charmante, un batiment renove de style colonial . J'ai le choix entre deux types de chambre : une chambre coloniale avec un haut plafond et deux lits pour 300 roupies (5,50 EUR) ou une chambre a un lit avec des murs de bois pour 200 roupies (3,65 EUR). Les deux chambres sont jolies, et rappellent l'epoque coloniale...Choix difficile... Finalement, j'opte pour la moins chere.. Je paie deux nuits d'avance et je vais manger dans un restaurant francais au bout de la rue.

Apres le repas, je telephone a Sheenu, le fils de Tamilama, la femme qui a loge mon cousin Toumai et son amie Geraldine lors de leur sejour de cinq mois a Pondichery l'an dernier. J'ai l'intention de leur rendre visite demain apres-midi. Sheenu est enthousiaste et me demande de le contacter lorsque je serai dans les environs de Auroville Beach.

J'ai envie de me promener en ville, mais il fait encore tres chaud et je suis encore un peu fatigue. Je decide de reporter la visite a ce soir et je vais faire une sieste. Malgre la chaleur (pas d'AC dans la chambre), je m'endors facilement pour ne me reveiller qu'a la nuit tombee (il fait noir a 18h30 ici)

Je retourne au restaurant francais. Tant que je peux en profiter, je mangerai occidental. Je doute de pouvoir manger des repas europeens apres Pondichery et ce jusqu'a Kovalam ou Goa.

A Pondichery et a Mahaballipuram, il n'y a presque plus aucune trace du passage du tsunami qui a ravage la cote est de l'Inde en decembre 2004. Toutes les maisons en bord de mer a Mahaballipuram ont ete reconstruites et certaines batisses derriere sont en cours de reconstruction. A Pondichery, un ou deux batiments en front de mer sont a l'abandon, le reste ayant ete totalement restaure.

Je me trouve maintenant dans une ancienne colonie francaise. Et tout dans la ville blanche me le rappelle: expatries partout, rues hyper propres (pour l'Inde), maisons blanchies a la chaux et fraichement (re)peintes. Il y a encore a peine 60 ans, c'etait la France d'Outre-Mer. Pondichery a ete retrocessee sans heurts a l'Inde en 1956, mais la framcophonie y est encore fort presente, une Alliance francaise fort dynamique y existe encore. C'est une charmante ville, dont certains aspects ne sont pas sans rappeler La Nouvelle Orleans aux Etats-Unis.

Pondichery est egalement la ville natale de quatre de mes cousins, Samantha, Soureche, Laetitia et Toumai qui ont ete adoptes par mon oncle Robert et ma tante Nadine, la soeur de mon pere. Seul Toumai est repasse dans sa ville natale, l'an dernier. A mon tour maintenant de decouvrir cette ville qui les a vus naitre...

Entry Rating:     Why ratings?
Please Rate:  
Thank you for voting!
Share |