Camino Francès - Saint Jacques de Compostelle travel blog


Le pèlerinage pourrait être assimilé à une tâche répétitive et quotidienne : marcher, manger, dormir. C'est vrai que certaines tâches sont répétitives mais avec le temps et l'apprentissage fait (ça prend quelques jours pour être efficace), les tâches répétitives ne sont plus un problème et une grande place est faite à 3 activités hautement génératrices d'énergie et d'ondes positives :

- à quoi va ressembler le chemin et le paysage aujourd'hui?

- ou vont m'amener mes pensées pendant ces heures de marche?

- quelles nouvelles rencontres vais-je faire aujourd'hui?

Pour l'apprentissage comme nous sommes nombreux à n'avoir aucune expérience et à démarrer ensemble (St jean pied de port est une ville principale pour débuter la marche)  nous apprenons ensemble.  Ah, on est loin de la désorganisation totale et collégiale du premier réveil à Ronceveaux.  Réveillé par des tas de bruits de fermetures éclair des sacs à dos qui sont ouvertes et fermées nerveusement par des pélerins qui n'arrivent pas à trouver leurs affaires dans l'obscurité.  A cela s'ajoute le bruit des sacs plastiques froissés (car on a bien suivi la recommandation de me mettre les objets et affaires de toilette dans des sacs plastiques ) , les allés et venus d'individus tels des zombies entre la salle de bain et le dortoir. Le tableau ne serait pas complet sans les faisceaux de lumière des torches ou lampes frontales  qui balaient le dortoir dans tous les sens provenant de ces pélerins en recherche d'objets déjà égarés....spectacle son et lumière surprenant. Lors des premiers réveils nous n'avons pas encore appris l'organisation qui permettra par la suite de respecter le sommeil des autres. Je n'ai pas échappé à la règle : sac à dos prêt. ..zut ou est ma 2ieme chaussette? bien sûr quelque part dans le sac à dos qu'il faut donc re-défaire. Chaussette trouvée,  sac refait. Et oups. ..j'ai oublié de ranger le duvet qui gît toujours sur le lit. On recommence.  Et quand enfin je suis  prêt et que je pars...je passe devant les cordes à linge où mon linge lavé hier est en train de sécher. ...oh non...

Ce n'est pas exagéré. Et si vous avez lu mon premier départ de Ronceveaux vous vous rappelez sûrement que je suis parti en pleine nuit dans la forêt sans petit déjeuner et avec une lampe frontale.  Avais-je confondu le pèlerinage avec un stage commando? Et pourquoi pas y aller en rampant?

Un détail m'avait surpris d'ailleurs à l'albergue de Roncevaux : il y avait des tables de camping remplies d'affaires oubliées par les pélerins.  Ça n'est plus arrivé ensuite.  J'en ai d'ailleurs profité pour prendre une belle chemise de randonnée que je mets régulièrement.

Mais au fil des réveils tout rentre dans l'ordre. On devient ultra efficace (15 minutes pour être prêt) et surtout on ne fait pas de bruit pour ne pas réveiller les autres pélerins. 

Et pour ceux qui me connaissent et savent que mes mains font généralement ce qu'elles veulent sans demander l'avis au cerveau et qui fait que je cherche toujours mes affaires. ..et bien je ne cherche presque plus les choses. Bon quelques fois il m'arrive de me faire des frayeurs à ne pas trouver mon téléphone que j'ai rangé dans un endroit inhabituel. ..mais ça devient rare. Voilà un beau changement non? Ne serais je plus distrait?  à suivre. ..mais je pense que le naturel reviendra au galop après cette paranthèse pelerine.

D'autres pratiques viennent également rapidement comme ne pas hésiter en entrant dans un bar ou restaurant à se mettre à la table de pelerins pour boire ou manger avec eux. Ne pas rester seul. Ça m'amuserait de faire la même chose dans un restaurant à Toulouse, m'asseoir à la table d'inconnus  et lancer un " Holà, que tal ?"...

Une autre pratique : le fameux "buen camino" quand vous dépassez  un pelerin.  Il faut dire qu'au début on l'exagère un peu. Pour les débutants je le dit : arrêtez de gueuler BUEN CAMINO quand vous êtes à quelques centimètres de l'oreille d'un pelerin. Il vous entend. Il n'est pas sourd. D'ailleurs les jours passant on apporte des nuances comme "Holà " ou "Buenos dias" ou même "good morning".

Il n' y a que les pelerins en vélo qui eux continuent à vous gueuler "BUEN CAMINOOOOOOOooooooooooo" en vous dépassant à fond. Mais c'est presque ironique comme l'air de dire "t'en chie bien heiiiiiiin"?

Au delà de l'aspect anecdotique, les quelques règles, us et coutumes s'acquiert très vite pour profiter pleinement de cette expérience sans équivalent. Alors bientôt votre tour? Buen camino !

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The pilgrimage could be considered  as a  repetitive and boring set of tasks: walking, eating, sleeping. It is true that some tasks are repetitive but with time and learning done (it takes a few days to be effective), repetitive tasks are no longer a problem and a great emphasis is placed on three highly energy-generating activities and positive vibes:

- What will look like the way and the landscape today?

- Where will thoughts will go during these hours of work?

- Who are the new pilgrims   I'll meet today?

As far as the   learning curve, many of us have no experience when we start from St jean pied de port. But we learn together as we go. Now we are far from the total disruption and mess when we woke up the  first morning in Roncesvalles. Awakened by lots of zippers noises from  backpacks that are opened and closed nervously by pilgrims who can not find their things in the dark. Added to this is the annoying sound of crumpled plastic bags (because we followed the recommendation that the objects and toiletries should be placed in plastic bags). Also there was the non stop movement of individuals walking back and forth like zombies between the bathroom and the bedroom. The picture would not be complete without the beams of light torches and headlamps that sweep the dormitory in all directions from these pilgrims in search of lost objects.  Sound and light show at 5am. The pilgrims  have not yet learned to respect others' sleep. I did not escape the rule: backpack ready. ..oh god where is my 2nd sock? I unpack the backpack once. Sock found, repack the bag. And oops. ..I forgot to store the slipping bag which still lies on the bed. Start over again. And when finally I'm ready and I'm leaving ... I pass clotheslines where my linen washed yesterday is now dry. ... Oh no ...repack again.

And that is no exaggeration. And if you read my first bulletin talking about the stage from  Roncesvalles,   you will recall that I started at night in the forest with an empty stomach  and with a headlamp. Was I confused the pilgrimage with a military commando training course? And why not go crawling...?

A detail surprised me also to the albergue in Roncesvalles: there were picnic tables filled with lot of lost items. This is a good indicator that people are a kind of messy at the beginning. I took  this opportunity to get a nice hiking shirt that I put on regularly.

But after a few days we become ultra efficient (15min to wake up and get ready to leave) and especially we do not make noise  to let other pilgrims sleep.

And for those who know me and know that my hands generally do what they want without asking the opinion of the brain ( I always look for things I misplaced) : good news  I don't lose time searching for items now. That's a nice change isn't it ? 

Other practices also come quickly as not to hesitate when entering a bar or restaurant to sit down at a table with other pilgrims  to eat or drink with them. Do not stay alone. It would make  me laugh to do the same thing in a restaurant in Toulouse, sit at the table of strangers and say "Hola, que tal?" ...

Another practice: the famous "buen camino" if you pass a pilgrim in the camino. It must be said that at the beginning we  exaggerate  a little...for beginners I say: stop yelling BUEN CAMINO when you are a few centimeters from the ear of a pilgrim. He/She can hear you. He/She is not deaf. Besides after several days  we bring nuances like "Hola" or "Buenos dias" or even "good morning".

Only pilgrims doing the camino on a bike who keep yelling  the irritating "buen caminooooooooooo" passing  you at a fast speed.. But it's almost ironic as if they would say "I'm sure you're having hard time"?

Beyond the anecdote,  the few rules and customs are acquired very quickly to enjoy this unique experience. So your turn soon? Buen camino!

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